| Titre original : | A Night to Dismember |
| Réalisatrice | Doris Wishman |
| Studio: | Juri Productions |
| Distributeur DVD | Elite Entertainment |
| Genre : | Horreur / Thriller / Aventure |
| Durée : | 69 minutes |
| Pays : | USA 1983 |
A Night to Dismember nous est conté par un détective, Tim O’Malley. Il nous parle d’abord de Phineas Kent, un veuf dont la fille, Susan, a zigouillé sa sœur Bonnie dans une baignoire avant de s’empaler accidentellement sur la hache du crime, rejoignant ainsi l’au-delà prématurément. Le détective reçoit ensuite un appel du frère de Phineas, Broderick Kent (Levi Richards), qui vient de trouver sa femme Lola sans vie, avant d’avouer avoir engagé un tueur pour s’en débarrasser. Suite à cette confession, Broderick décide de se faire justice lui-même en se passant la corde au cou.
Adam Kent (Saul Meth), l’aîné de la fratrie, a fait interner sa fille Vicki (Samantha Fox) dans un asile pour criminels aliénés après qu’elle a massacré deux garçons sans raison apparente. Quelques années plus tard, Vicki retrouve sa liberté, mais son frère et sa sœur — jaloux d’elle sans l’ombre d’un motif — décident immédiatement de la rendre folle à nouveau pour la renvoyer derrière les barreaux. C’est pile à ce moment qu’une série de meurtres brutaux commence à ensanglanter les environs.
Tandis que le détective O’Malley débite son récit d’une voix soporifique en voix off, le clan Kent se fait décimer un par un par un maniaque armé d’une hachette. Ce boucher pourrait bien être Vicki. Mais alors qu’O’Malley remonte la piste des cadavres, il commence à croire que la jeune femme n’est peut-être pas la coupable après tout.
Cette critique sera très courte, car il n’existe qu’un nombre limité d’adjectifs négatifs que je peux m’autoriser à infliger à une seule chronique. Malgré un tournage en 1979, une bavure chez Movielab — l’entreprise chargée du développement — retarde la sortie de A Night to Dismember jusqu’en 1983. L’incident détruit la majeure partie des prises originales, forçant Doris Wishman à reconstruire le film avec les restes et à ajouter le personnage de Tim O’Malley. Ce détective-narrateur passe son temps à expliquer et réitérer ce qui se passe à l’écran, double les dialogues des autres personnages à leur place ou nous raconte même leurs rêves. Par exemple, l’ouverture en voix off ressemble à ceci : « Ce qui rend cette histoire si étrange, c’est que tous les meurtres et décès ont eu lieu un 15 octobre. Ce qui est encore plus étrange, c’est que la plupart des meurtres et décès ont frappé les frères Kent et leurs familles. Les Kent vivaient au lac Woodmeyer depuis 70 ans. Puis, soudainement, tous les Kent étaient morts. »
Est-il seulement légal d’écrire une telle narration ? J’espère que non. Cela ne fait que confirmer un fait déjà bien connu : A Night to Dismember est un fouillis incohérent et léthargique, composé de séquences sans but et d’un jeu d’acteur atroce.
La narration constante du détective et l’absence quasi totale de dialogues parlés par les acteurs font de cette œuvre une expérience aussi bizarre qu’ennuyeuse. Le côté visuel n’aide en rien : le film multiplie les plans étranges sur des pieds, les décors intérieurs épouvantables et les gros plans sur des nuques ou sur des gens qui décollent des tranches de fromage de leur assiette. Pour couronner le tout, le montage sombre dans l’horreur. La destruction des pellicules explique peut-être ce désastre, mais n’empêche : le film utilise certaines scènes deux fois, et chaque meurtre survient avec une telle brutalité et un rythme si lent qu’il pourrait provoquer une narcolepsie immédiate chez le spectateur.
C’est le seul film de Doris Wishman que j’ai vu, et je dois dire que je ne suis pas fan. J’aurais préféré être un hérétique au temps de l’Inquisition espagnole ; j’imagine que c’était bien moins douloureux que de regarder A Night to Dismember. Il faut une dose colossale de volonté et une montagne d’analgésiques pour tenir jusqu’au bout. Ce film est si mauvais à tant de niveaux qu’il ne sert que d’exemple parfait de ce qu’il ne faut surtout pas faire au cinéma.
Le DVD :
Ce DVD est une édition zone 1 de chez Elite Entertainment. Le film est présenté en format large 1.85:1, mais la qualité d’image laisse à désirer. Je doute fort qu’une remasterisation ait eu lieu : poussières, cheveux et rayures sont omniprésents, les couleurs s’estompent d’une scène à l’autre et l’image saute régulièrement. Globalement, ce n’est pas une bonne copie.
Côté audio, je suppose que c’est du mono — la pochette ne le précise pas et, honnêtement, on s’en fiche un peu. Le ton de la voix off change souvent en plein milieu d’une phrase, le son subit des sautes brutales, le doublage est totalement désynchronisé et les effets sonores ont ce rendu « studio » bas de gamme tout à fait immonde.
Le seul point fort de ce DVD est le commentaire audio de la réalisatrice Doris Wishman et du directeur de la photographie C. Davis Smith. C’est sans doute l’une des pistes de commentaires les plus intéressantes jamais enregistrées. Doris Wishman est une femme étrange et odieuse ; tout au long de l’enregistrement, C. Davis Smith doit composer avec ses humeurs, elle qui lui ordonne constamment de se taire et de ne plus l’interrompre. Si A Night to Dismember est l’un des pires films jamais réalisés, ce commentaire, lui, est infiniment divertissant. Il faut l’entendre pour le croire. On trouve également sur le disque une bande-annonce promotionnelle tout aussi médiocre.


